Littérature

Résumé de Biberon, Vodka & Déambulateur de Céline Holynski

Résumé Biberon Vodka et Déambulateur Céline Holynski

Biberon, Vodka & Déambulateur est le deuxième roman de Céline Holynski, publié en 2021 aux éditions Larousse. Avec un titre qui annonce la couleur et une couverture pétillante, ce roman humoristique s'est rapidement imposé comme un feel-good book à la française, souvent comparé à l'univers de Bridget Jones pour son héroïne attachante, maladroite et profondément humaine. Derrière les éclats de rire, pourtant, se cachent des thèmes plus profonds que prévu.

L'auteure : Céline Holynski

Céline Holynski est comédienne, humoriste et scénariste pour la télévision. Elle a écrit son premier one-woman show à 23 ans, rodé sur les scènes parisiennes, avant de bifurquer vers l'écriture romanesque. Son premier roman, Maman a tort, avait déjà séduit les lectrices de comédies contemporaines. Avec Biberon, Vodka & Déambulateur, elle confirme un talent rare dans la littérature française : celui de faire rire à chaque page tout en racontant une vraie histoire, avec de vrais personnages et de vrais enjeux.

Son parcours de comédienne se ressent dans son écriture : les dialogues sont ciselés, les répliques fusent, le timing est impeccable. On sent une auteure qui pense ses scènes comme des sketches — mais des sketches qui servent une intrigue.

Résumé du roman

Un bonheur tout neuf

Camille a la vie dont elle rêvait. Un compagnon adorable, un travail qui l'épanouit et, cerise sur le gâteau, un nouvel appartement dans lequel elle vient d'emménager. Tout semble aligné. La vie lui sourit. Camille est de ces optimistes un peu naïves qui croient sincèrement que les choses vont rester simples — ce qui, dans un roman, est évidemment le signe que rien ne va se passer comme prévu.

La voisine de l'enfer

Le grain de sable arrive sous la forme d'une septuagénaire au visage rond, aux chandails rose pastel et au sourire de grand-mère inoffensive. Lucienne — c'est son nom — est la voisine de palier de Camille. Au premier abord, elle semble charmante. Au deuxième abord, elle semble un peu envahissante. Au troisième abord, elle se révèle être une véritable tyran domestique qui terrorise l'ensemble de l'immeuble depuis des années.

Lucienne s'immisce dans tout : elle surveille les allées et venues, commente les livraisons, critique les invités, confisque les colis, monopolise la buanderie et convoque des assemblées de copropriété pour des sujets aussi vitaux que le sens de rotation du bac de recyclage. Personne dans l'immeuble n'ose la contredire. Tout le monde a capitulé — sauf Camille.

La guerre des nerfs

Camille décide de résister. Elle refuse de se soumettre à la dictature de Lucienne, refuse de baisser la musique à 19 heures pile, refuse de trier ses poubelles selon le protocole « Lucienne-compatible ». Commence alors une guerre de voisinage épique, faite de petits coups bas, de représailles mesurées, de guérilla de palier et de batailles de boîtes aux lettres.

Le problème, c'est que Camille est d'une maladresse légendaire. Chaque tentative de contre-attaque tourne au fiasco spectaculaire. Elle inonde l'appartement du dessous en voulant prouver un point sur la plomberie. Elle se retrouve enfermée sur le toit à 2 heures du matin. Elle envoie un message incendiaire sur le groupe WhatsApp de l'immeuble — mais au mauvais groupe WhatsApp. Les situations loufoques s'enchaînent, chaque chapitre apportant son lot de catastrophes hilarantes.

Derrière le masque

Mais le roman ne se contente pas d'empiler les gags. Progressivement, Camille découvre que Lucienne n'est pas seulement une vieille dame acariâtre. Elle est seule. Profondément, tragiquement seule. Ses enfants ne l'appellent plus. Son mari est mort il y a des années. Ses amies ont disparu. Sa tyrannie de voisinage est la seule forme de lien social qui lui reste — la seule façon d'exister aux yeux des autres, même si c'est à travers la peur et l'agacement.

Cette révélation fait basculer le roman. Camille passe de l'irritation à la compréhension, puis de la compréhension à une forme d'affection inattendue. Sans rien perdre de son humour, le livre devient un récit sur la solitude des personnes âgées, sur les liens intergénérationnels et sur la capacité à voir l'humain derrière le personnage insupportable.

Les personnages

  • Camille — L'héroïne-narratrice. Optimiste, maladroite, déterminée. Elle a le cœur plus grand que le sens pratique. Ses monologues intérieurs sont d'une drôlerie constante — elle se parle à elle-même comme une spectatrice de sa propre vie.
  • Lucienne — L'antagoniste devenue alliée. Sous la carapace de la despote de copropriété se cache une femme blessée qui a oublié comment demander de l'aide. Son arc narratif est le plus émouvant du roman.
  • Le compagnon de Camille — Patient, drôle, un peu dépassé par la guerre que sa copine a lancée. Il incarne la voix de la raison que personne n'écoute.
  • Les voisins de l'immeuble — Une galerie de personnages secondaires savoureux : le couple qui n'ose rien dire, le célibataire qui vote toujours avec Lucienne par peur, la jeune maman épuisée qui rêve de silence.

Les thèmes du roman

La solitude des personnes âgées

C'est le thème le plus profond du livre, caché sous les couches d'humour. Holynski dresse un portrait sans pathos mais sans détour de l'isolement des seniors en milieu urbain. Lucienne n'est pas un cas exceptionnel — elle est le reflet de millions de personnes âgées en France qui passent des journées entières sans parler à personne. Le roman rappelle, avec légèreté mais justesse, que derrière les comportements difficiles se cachent souvent des détresses invisibles.

La vie en copropriété

Holynski exploite avec un talent comique redoutable le potentiel humoristique de la vie en immeuble. Les assemblées générales kafkaïennes, les règlements intérieurs absurdes, les notes passives-agressives dans le hall, les bruits de canalisation à 3 heures du matin — tout est juste, tout est drôle, tout est universel. Quiconque a vécu en appartement reconnaîtra des scènes vécues.

La confiance en soi

Camille apprend, à travers ses échecs comiques, à s'affirmer. Sa maladresse n'est pas un défaut — c'est le signe qu'elle ose, qu'elle tente, qu'elle refuse de se résigner. Le roman est, en filigrane, un récit d'empowerment par le ridicule : on grandit aussi en se plantant magnifiquement.

Style et écriture

Le style de Holynski est vif, oral, punchy. Les phrases sont courtes, les métaphores décalées, les apartés fréquents. On sent l'influence du stand-up et de l'écriture scénaristique : chaque scène est construite avec un setup et une chute. Le rythme ne faiblit jamais — les 300 pages se dévorent en quelques heures.

Ce qui élève le livre au-dessus de la simple comédie, c'est la tendresse. Holynski ne se moque jamais de ses personnages — elle rit avec eux, pas d'eux. Même Lucienne, au sommet de sa tyrannie, est traitée avec humanité.

Notre avis

Biberon, Vodka & Déambulateur ne prétend pas révolutionner la littérature. C'est un roman drôle, tendre et intelligent qui fait exactement ce qu'il promet : vous faire passer un excellent moment tout en vous laissant, à la dernière page, un sentiment inattendu de mélancolie douce. Si vous aimez Aurélie Valognes, Virginie Grimaldi ou Sophie Kinsella, vous aimerez Céline Holynski. Et si vous êtes en guerre avec votre voisin de palier, ce livre pourrait bien vous donner envie de sonner à sa porte — pas pour vous plaindre, mais pour prendre de ses nouvelles.

« Les gens insupportables sont souvent ceux qui ont le plus besoin qu'on les supporte. » — Céline Holynski, Biberon, Vodka & Déambulateur