La Sœur disparue (The Missing Sister) est le septième et avant-dernier tome de la saga Les Sept Sœurs de l'auteure irlandaise Lucinda Riley. Publié en 2021 aux éditions Charleston en France (et en poche chez Le Livre de Poche en 2022), ce volume est celui que des millions de lecteurs attendaient depuis le début de la série en 2014 : celui de la quête de la septième sœur, la sœur manquante, celle que Pa Salt n'a jamais adoptée. Un tome charnière, émouvant et monumental — d'autant plus poignant que Lucinda Riley est décédée en juin 2021, quelques semaines après sa publication.
La saga Les Sept Sœurs : rappel
La série Les Sept Sœurs est l'un des plus grands succès littéraires mondiaux des années 2010-2020 : plus de 40 millions d'exemplaires vendus dans 38 langues. Chaque tome raconte l'histoire d'une des six sœurs Aplièse — Maia, Ally (Alcyone), Star (Astérope), CeCe (Célaéno), Tiggy (Taygète) et Électra — six jeunes femmes adoptées dans leur enfance par un homme mystérieux et richissime qu'elles appellent Pa Salt.
Les six sœurs ont grandi dans une somptueuse propriété appelée Atlantis, au bord du lac de Genève, en Suisse. Elles portent les noms des étoiles de la constellation des Pléiades — qui compte sept étoiles. La septième, Mérope, est « l'étoile perdue » : Pa Salt n'a jamais adopté de septième fille. Pourquoi ? C'est le mystère central de toute la saga.
Chaque tome suit une sœur qui, après la mort de Pa Salt (annoncée au début du premier tome), part à la recherche de ses origines biologiques grâce à des indices laissés par leur père adoptif. Chaque quête transporte le lecteur dans une époque et un lieu différents — le Brésil des années 1920, la Norvège de la Seconde Guerre mondiale, l'Angleterre édouardienne, l'Australie des années 1940, l'Espagne de la Guerre civile, l'Amérique des années 1960.
Résumé de La Sœur disparue
Le point de départ : trouver la septième sœur
Pour la première fois dans la saga, ce ne sont pas les origines d'une des six sœurs qui sont au cœur de l'intrigue — c'est la recherche de la sœur manquante. Les six sœurs Aplièse décident de joindre leurs forces pour retrouver celle que Pa Salt a voulu adopter mais n'a jamais ramenée à Atlantis. Leurs seuls indices : l'adresse d'un vignoble en Nouvelle-Zélande et le dessin d'une mystérieuse bague sertie d'émeraudes en forme d'étoile à sept branches.
Une quête à travers le monde
La recherche entraîne les sœurs sur plusieurs continents : Nouvelle-Zélande, Canada, Angleterre, France et Irlande. Chaque piste mène à une autre, chaque indice ouvre un nouveau pan du passé. Le nom qui revient sans cesse est celui de Mary McDougal — une femme qui semble avoir traversé le XXe siècle en laissant des traces partout et nulle part.
Parallèlement à la quête contemporaine, Riley déploie un récit historique qui remonte à près d'un siècle. On découvre l'histoire de femmes courageuses — en Irlande, en Nouvelle-Zélande, au Canada — qui ont risqué leur vie pour changer le monde. Le roman entrecroise comme toujours passé et présent, fiction et éléments historiques réels.
Merry : la septième sœur
La septième sœur s'appelle Merry (Mary). Sans dévoiler tous les rebondissements, on peut dire que sa découverte est à la hauteur de l'attente : son histoire est à la fois la plus personnelle et la plus universelle de la saga. Elle lie entre eux des fils narratifs tendus depuis le premier tome et éclaire d'une lumière nouvelle le personnage de Pa Salt — cet homme énigmatique dont les motivations restent le grand mystère de la série.
L'histoire de Merry plonge dans l'Irlande rurale des années 1950-1970 : la pauvreté, l'emprise de l'Église catholique, la condition des femmes, l'émigration. C'est l'un des récits historiques les plus sombres et les plus poignants de la saga — mais aussi l'un des plus lumineux par sa conclusion.
Les retrouvailles
Le roman culmine dans une scène que les lecteurs de la saga attendaient depuis sept tomes : les retrouvailles des sept sœurs. Riley orchestre ce moment avec une émotion contenue et une maîtrise narrative remarquable. C'est un passage qui a fait pleurer des millions de lecteurs dans le monde — d'autant plus bouleversant quand on sait que l'auteure savait, en l'écrivant, qu'elle ne verrait peut-être pas la publication du tome suivant.
Les thèmes du roman
La quête des origines
Thème central de toute la saga, il prend ici une dimension particulière : ce n'est plus une sœur qui cherche ses racines, ce sont six sœurs qui cherchent la septième. La quête est collective, partagée, et les dynamiques entre les sœurs — leurs caractères si différents, leurs désaccords, leur amour inconditionnel — sont magnifiquement rendues.
L'Irlande et ses blessures
Le récit historique explore des thèmes spécifiquement irlandais : les Magdalene Laundries (ces institutions où des femmes étaient enfermées et exploitées par l'Église), l'émigration massive, la pauvreté rurale, la guerre d'indépendance. Riley traite ces sujets avec sensibilité et rigueur documentaire, fidèle à sa méthode de recherche approfondie pour chaque tome.
La sororité
Plus encore que dans les tomes précédents, La Sœur disparue est un roman sur la force du lien entre sœurs. Les six Aplièse ne sont pas liées par le sang — elles ont été adoptées dans des pays différents, n'ont aucun lien biologique entre elles. Et pourtant, leur solidarité est inébranlable. Riley démontre que la famille est une construction du cœur, pas du chromosome.
Le deuil et l'héritage
La mort de Pa Salt, moteur de toute la saga, prend dans ce tome une résonance particulière. Chaque indice laissé par le père adoptif révèle un homme plus complexe, plus tourmenté et plus aimant qu'il n'y paraissait. Le roman pose une question universelle : que reste-t-il de nous après notre mort ? Pour Pa Salt, la réponse est claire : il reste les liens qu'il a tissés.
Lucinda Riley : un hommage
Lucinda Riley (1965-2021), née en Irlande, a publié son premier roman à 24 ans sous le nom de Lucinda Edmonds. Après une pause de plusieurs années consacrée à ses quatre enfants, elle reprend l'écriture en 2010 et lance la série Les Sept Sœurs en 2014. Le succès est fulgurant : la saga devient un phénomène mondial, traduit dans 38 langues, vendu à plus de 40 millions d'exemplaires.
Riley est décédée d'un cancer le 11 juin 2021, à 55 ans. Elle avait gardé sa maladie secrète pendant quatre ans, continuant à écrire jusqu'au bout. La Sœur disparue a été publié quelques semaines avant sa mort. Un huitième et dernier tome, Atlas — L'Histoire de Pa Salt, a été achevé par son fils Harry Whittaker à partir des notes et des instructions laissées par sa mère, et publié en 2023. C'est l'un des cas les plus émouvants de transmission littéraire de ces dernières années.
Notre avis
La Sœur disparue est le tome que les fans attendaient — et il ne déçoit pas. La quête de la septième sœur est menée avec un suspense maîtrisé, le récit historique irlandais est l'un des plus forts de la saga, et la scène des retrouvailles est d'une émotion rare. On pourra reprocher au roman, comme aux précédents, une certaine longueur (plus de 800 pages) et des coïncidences parfois un peu trop commodes. Mais ces réserves s'effacent devant la puissance émotionnelle de l'ensemble.
Si vous n'avez pas encore lu Les Sept Sœurs, commencez par le tome 1 (Maia) — il est difficile d'apprécier La Sœur disparue sans connaître les six tomes précédents. Si vous avez suivi la saga depuis le début, ce septième tome est un cadeau d'adieu bouleversant d'une auteure qui a su créer un univers inoubliable.
« Nous ne sommes pas liées par le sang, mais par quelque chose de plus fort : par le choix d'un homme qui nous a aimées assez pour nous donner une famille. » — Lucinda Riley, La Sœur disparue