Littérature

Résumé de Un peu plus d'amour que d'ordinaire de Maryse Wolinski

Résumé Un peu plus d'amour que d'ordinaire Maryse Wolinski

Présentation de l'œuvre

Un peu plus d'amour que d'ordinaire est un récit autobiographique de Maryse Wolinski, publié en 2020. L'auteure, journaliste et romancière, est l'épouse de Georges Wolinski, le célèbre dessinateur de presse assassiné lors de l'attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Ce livre, son septième, est à la fois un portrait amoureux et une méditation sur le deuil, la mémoire et la possibilité de se reconstruire après l'irréparable.

Le titre, d'une délicatesse poignante, résume le cœur du propos : dans un monde marqué par la violence et la perte, Maryse Wolinski cherche à donner et à recevoir « un peu plus d'amour que d'ordinaire » — un supplément de tendresse pour compenser l'arrachement brutal de l'être aimé.

Résumé

Le récit s'ouvre sur le quotidien d'après — ce temps suspendu où la vie continue mécaniquement après un drame. Maryse Wolinski ne raconte pas l'attentat (elle l'a fait dans Georges, si tu savais…, publié en 2017) mais ce qui vient après l'après : comment on recommence à vivre quand le monde entier sait que vous êtes la veuve d'un martyr de la liberté d'expression.

Le livre n'est pas un récit linéaire mais une mosaïque de souvenirs, de réflexions et d'instantanés. Maryse Wolinski revient sur sa rencontre avec Georges dans les années 1970, sur leur vie commune tumultueuse et passionnée — le dessinateur était connu pour son caractère volcanique et ses infidélités —, sur les rituels du couple, les disputes, les réconciliations, les fous rires.

En parallèle, elle décrit sa vie de veuve : les commémorations officielles qui ravinent la plaie, les sollicitations médiatiques, la difficulté de concilier le deuil intime et le statut public de « veuve d'attentat ». Elle raconte aussi les gestes simples qui reconstituent lentement le tissu d'une vie : reprendre l'écriture, retrouver des amis, accepter de rire à nouveau.

Un fil traverse tout le livre : la question de l'amour après la perte. Maryse Wolinski, à plus de soixante-dix ans, s'interroge sur la possibilité d'aimer encore — non pas remplacer Georges, mais trouver un nouveau chemin affectif. Le titre prend alors tout son sens : ce « peu plus d'amour que d'ordinaire » est à la fois ce qu'elle a reçu de Georges et ce qu'elle espère encore de la vie.

Les thèmes majeurs

Le deuil comme travail de mémoire

Maryse Wolinski refuse le deuil pathétique. Son récit est lumineux malgré la douleur, porté par un humour discret hérité de la vie avec un caricaturiste. Elle ne monumentalise pas Georges : elle le montre vivant, imparfait, drôle, agaçant, tendre. Le meilleur hommage qu'on puisse rendre à un mort est de le décrire tel qu'il était, pas tel que la légende voudrait qu'il fût.

L'identité de la veuve

L'un des passages les plus forts du livre concerne la réduction identitaire que subit Maryse Wolinski après le 7 janvier 2015. Du jour au lendemain, elle n'est plus journaliste, romancière, femme indépendante : elle est « la veuve de Wolinski ». Le récit est aussi l'histoire d'une reconquête de soi — retrouver son nom propre au-delà du nom du défunt.

L'amour conjugal dans sa complexité

Maryse Wolinski ne cache rien des difficultés de son couple : les infidélités de Georges, ses absences, son égoïsme d'artiste. Mais ces ombres ne font que rendre la lumière plus intense. Leur amour n'était pas un conte de fées — c'était un amour réel, cabossé, resilient, têtu. C'est cette authenticité qui donne au livre sa force émotionnelle.

Le style et la construction

L'écriture de Maryse Wolinski est sobre, élégante et précise. Pas de lyrisme appuyé, pas de pathos : des phrases courtes, des images justes, un ton conversationnel qui donne l'impression d'une confidence entre amies. Le livre est court — à peine 200 pages — et se lit d'une traite, avec cette qualité rare des récits intimes : on a le sentiment d'accéder à quelque chose de vrai.

La construction en fragments plutôt qu'en récit linéaire mime le fonctionnement de la mémoire endeuillée : les souvenirs surgissent par associations, par éclats, sans ordre chronologique. Un parfum ramène à une scène de 1985, une chanson à une soirée de 2010, une rue de Paris au dernier matin ensemble.

Pourquoi lire ce livre

Un peu plus d'amour que d'ordinaire n'est pas seulement un livre sur Charlie Hebdo ou sur le terrorisme. C'est un livre sur l'amour qui survit à la mort, sur la capacité de l'être humain à se relever après l'effondrement, et sur la beauté fragile des liens qui nous attachent les uns aux autres. Maryse Wolinski réussit le tour de force de transformer un deuil public en une méditation universelle sur la perte et la reconstruction.

Recommandé à tous ceux qui cherchent un récit authentique sur le deuil, l'amour conjugal et la résilience — et à ceux qui souhaitent découvrir Georges Wolinski au-delà du dessinateur de presse, à travers les yeux de la femme qui l'a aimé pendant plus de quarante ans.